Compte rendu de l’audience AESH du 27 avril 2026
1. Effectifs AESH
Lors de l’audience, un point a été consacré à la situation des AESH dans le département de la Nièvre. Il a été indiqué qu’à ce jour, les effectifs s’élèvent à 470 AESH.
Parmi eux, 4 personnels sont actuellement en congé pour convenance personnelle. Ces agents ne sont pas remplacés, mais continuent d’être comptabilisés dans les effectifs départementaux, sans impact budgétaire.
Il a également été indiqué qu’il reste seulement 0,6 ETP mobilisable pour répondre à un besoin identifié, ce qui confirme une marge de manœuvre très réduite en matière de recrutement.
Des difficultés importantes de recrutement persistent, notamment sur le PIAL Cosne René Cassin, où les candidatures restent insuffisantes.
Par ailleurs, 72 AESH exercent en service partagé entre plusieurs établissements, ce qui traduit une organisation de travail morcelée.
Ces éléments témoignent d’une tension structurelle sur les moyens humains disponibles.
La FSU considère que cette situation est le résultat d’un manque d’anticipation des besoins réels et d’un sous-dimensionnement chronique des moyens. Elle revendique en conséquence la création d’un véritable statut de la fonction publique pour les AESH, afin de mettre fin à la précarité actuelle. Elle demande également un recrutement à la hauteur des notifications d’accompagnement, afin que chaque élève puisse bénéficier effectivement de l’aide notifiée.
2. Répartition et accompagnement des élèves
La répartition des AESH est la suivante : 157 AESH interviennent dans le premier degré, 169 dans le second degré, et 140 sont affectés sur les deux degrés en fonction des besoins.
Concernant les élèves accompagnés, 1 045 élèves disposent actuellement d’une notification avec AESH dans le département. Toutefois, 109 élèves sont encore en attente d’un accompagnement effectif.
Le taux global d’accompagnements satisfaits est estimé à 90 %, ce qui reste élevé mais insuffisant au regard des notifications non couvertes.
Cette situation montre que l’accompagnement reste globalement assuré, mais de manière encore incomplète et fragmentée, avec un accompagnement qui relève parfois du saupoudrage au regard des besoins réels des élèves.
La FSU revendique que toute notification ouvre droit à un accompagnement effectif et immédiat. Elle considère inacceptable que des élèves restent en attente d’un accompagnement pourtant prescrit. Elle demande donc une adaptation rapide des moyens humains aux besoins réels.
3. Accompagnement des élèves – dispositifs spécialisés
Un point a été fait sur les élèves en attente de dispositifs spécialisés.
Ainsi, 105 élèves sont en attente de place en IME, 40 en ITEP et 63 en ULIS. Concernant la SEGPA, les chiffres sont trop fluctuants pour être stabilisés.
En parallèle, les situations dites « sans solution » continuent d’être suivies. Lors de la dernière réunion réunissant l’ASE, les directions d’IME, l’ARS et la DSDEN, 7 situations prioritaires ont été examinées. À celles-ci s’ajoutent 9 situations jugées préoccupantes, concernant des élèves scolarisés de manière très partielle, parfois à hauteur d’une heure par jour avec un AESH individuel.
Ces situations traduisent une grande fragilité de parcours pour certains élèves.
La FSU alerte sur la gravité de ces situations et rappelle que le droit à l’éducation doit être garanti pour tous. Elle revendique la création de places supplémentaires en établissements médico-sociaux et un renforcement immédiat des dispositifs d’accueil et d’accompagnement afin de mettre fin aux situations de scolarisation dégradée.
4. Pause méridienne
Sur le temps de pause méridienne, 32 élèves bénéficient d’un accompagnement par un AESH, dont 27 dans le premier degré et 5 dans le second degré.
Ces accompagnements sont assurés par 26 AESH, certains intervenant auprès de plusieurs élèves. À la suite de ces missions, 21 AESH ont bénéficié d’un avenant contractuel augmentant leur temps de travail.
Au total, ce dispositif représente 2,54 ETP mobilisés au niveau départemental.
Il a été précisé qu’aucune évolution réglementaire n’est actuellement mise en œuvre concernant la prise en charge du temps méridien, et que le cadre existant reste inchangé.
La FSU revendique une prise en charge intégrale de la pause méridienne par l’État, intégrée au temps de travail des AESH. Elle considère que ces missions doivent être reconnues comme partie intégrante du service et ne pas reposer sur des dispositifs contractuels variables.
5. Formation des AESH
Concernant la formation, il a été indiqué qu’aucune remontée de formations d’initiative locale n’a été transmise par les pilotes de PIAL.
Les formations les plus demandées portent sur les troubles du spectre de l’autisme (14 demandes), les troubles du comportement (13 demandes) et l’analyse de pratique (13 demandes). De ce fait, toutes les demandes ont pu être satisfaites.
Par ailleurs, aucune formation transversale spécifique réunissant AESH et enseignants n’a été inscrite au catalogue de l’EAFC, en dehors d’une formation ULIS premier degré. Une extension au second degré est envisagée.
Il a également été rappelé que certaines interventions peuvent être assurées sur demande, notamment par Simon Barin, en fonction des besoins identifiés.
Enfin, aucune formation spécifique sur la gestion de crise violente n’est actuellement proposée aux AESH. La DSDEN 58 indique ne pas avoir connaissance de l’existence d’un tel dispositif de formation.
La FSU revendique un véritable plan de formation continue, accessible à tous les AESH sur temps de service. Elle demande également la mise en place de formations communes avec les enseignants afin de renforcer la coopération et la compréhension des missions de chacun. Elle insiste enfin sur la nécessité de formations spécifiques adaptées aux situations de terrain, notamment en cas de crise.
6. Gestion des situations complexes et PAS
Concernant les situations complexes, il a été indiqué que 4 protocoles de crise de niveau académique ont été formalisés et mis en œuvre dans le département de la Nièvre. D’autres protocoles, estimés entre 4 et 5, ont également été élaborés localement avec les IEN, sans recensement stabilisé à ce jour.
Une harmonisation départementale a toutefois été engagée afin de garantir une cohérence des pratiques.
S’agissant des PAS, 300 saisines ont été enregistrées. Il est précisé que 250 élèves bénéficient actuellement d’un accompagnement dans ce cadre. Pour les 50 situations restantes, des orientations vers d’autres dispositifs, notamment des structures médico-sociales ou des CMP, ont été proposées.
Les territoires les plus sollicités sont Varzy (45 saisines), Decize (44), le secteur Privé/Courlis (43), Château-Chinon (40), Alain Colas (36), Jules Renard (34), Cosne (31) et Jean Rostand (27).
Il a également été indiqué que 7 coordonnateurs sur 8 resteront en poste l’année prochaine, ce qui devrait permettre une continuité de mise en œuvre.
La FSU considère que ces dispositifs doivent s’accompagner de moyens stables et d’une véritable reconnaissance des personnels impliqués. Elle demande que les organisations ne reposent pas sur des dispositifs expérimentaux permanents et que les personnels soient pleinement associés aux décisions.
7. Fonctionnement des PIAL
Concernant les PIAL, il n’a pas été possible de confirmer si les comités de suivi se tiennent systématiquement trois fois par an dans l’ensemble des dispositifs.
Il a été indiqué que tous les AESH ne participent pas à ces réunions et que leur caractère obligatoire reste en pratique théorique, la participation dépendant le plus souvent d’une simple invitation.
Il a également été précisé que, en l’absence d’ordre de mission, les AESH ne bénéficient ni du remboursement des frais de déplacement ni de la couverture assurantielle liée à leurs déplacements professionnels.
Concernant la coordination, l’IMP est actuellement attribuée à partir de 11 AESH. Une réflexion est en cours sur l’évolution de la reconnaissance indemnitaire dans le cadre des PAS.
S’agissant de l’avenir des pilotes et des coordonnateurs dans le cadre de la mise en place des PAS, il a été indiqué que deux réunions, dont une avec les pilotes, se tiendront courant mai. C’est à l’issue de ces échanges que des éléments de réponse pourront être apportés, aucune décision n’étant à ce stade ni arrêtée ni actée.
La FSU revendique une remise à plat du fonctionnement des PIAL, une sécurisation des déplacements par ordre de mission systématique et une véritable reconnaissance des fonctions de coordination, y compris sur le plan indemnitaire.
Situation particulière
La FSU est revenue, durant l’audience, sur une situation particulière. Monsieur Michon va contacter le pilote du PIAL concerné afin que la situation soit rapidement solutionnée.
Conclusion
L’ensemble des éléments présentés met en évidence une forte tension sur les effectifs AESH, des besoins importants non couverts, ainsi qu’une organisation en mutation avec le déploiement des PAS.
Les dispositifs existants montrent leurs limites face à l’augmentation des besoins et à la complexité des situations rencontrées.
La FSU réaffirme que l’accompagnement des élèves en situation de handicap ne peut reposer sur une logique de gestion contrainte des moyens. Elle revendique un service public renforcé, doté de personnels en nombre suffisant, statutairement reconnus et formés, afin de garantir un accompagnement effectif et de qualité pour tous les élèves.
NIÈVRE
